Une vraie mine d'or pour comprendre la science de l'endurance
3 juillet 2026 · Lecture ~3 min · Dr Arnaud Collet, CPSS®
Olav Aleksander Bu est l'un des entraîneurs les plus pointus du sport d'endurance mondial — on lui doit plusieurs des plus grandes performances récentes en triathlon, notamment avec Kristian Blummenfelt et Gustav Iden. Dans cet épisode du podcast de Peter Attia, il parle métabolisme, mesures et entraînement avec une rigueur rare, tout en restant compréhensible pour qui n'est pas physiologiste.
Que vous soyez athlète, entraîneur, ou simplement curieux de comprendre le pourquoi et pas seulement le quoi faire, c'est une vraie mine d'or. On la recommande.
Peter Attia — The Drive, épisode #331 (Olav Aleksander Bu, partie 2).
Ce qu'on y trouve
Quelques éléments abordés dans la vidéo
Les systèmes énergétiques fonctionnent en continu, ensemble — pas comme trois moteurs qui s'allument l'un après l'autre. À chaque instant, ils contribuent tous ; ce qui change avec l'effort, c'est leur part relative.
Le lactate est un outil puissant pour comprendre notre métabolisme énergétique : ce qu'on mesure n'est pas une valeur brute mais une vue intégrée — un équilibre dynamique entre sa production, son passage du muscle vers le sang, sa distribution, et son devenir dans les tissus : utilisé comme carburant (oxydé pour libérer de l'énergie) ou reconverti en glucose par le foie (le “recyclage”, ou cycle de Cori). (on développe précisément ce point dans notre article sur le timing du lactate.)
La quantité de lactate réellement produite par les muscles ne se mesure pas. On ne l'observe pas directement — il faut des modèles pour l'estimer à partir de ce qu'on peut mesurer. (c'est justement le type d'information qu'on cherche à construire avec le développement de notre jumeau numérique de l'athlète.)
Peter Attia et Olav Aleksander Bu remettent de la nuance sur des métriques souvent mal définies et déconstruisent quelques croyances tenaces — FTP, Critical Power, MLSS, LT1/LT2, VO₂max… Chacune dit quelque chose, mais aucune ne suffit à elle seule — et aucune n'a de sens sans un protocole de mesure rigoureux.
Un ordre de grandeur parlant : chez les marathoniens d'élite, la consommation d'oxygène à l'état stable maximal de lactate (MLSS) avoisine 95 % du VO₂max — et ses athlètes Kristian Blummenfelt et Gustav Iden évoluent dans ces eaux‑là.
Les valeurs dépendent du protocole et de l'environnement : les seuils lactiques y sont très sensibles ; le VO₂max l'est moins, mais pas totalement à l'abri. D'où l'importance de tester dans des conditions maîtrisées et reproductibles.
Standardiser le test — et ce qui le précède. Pas seulement le protocole du jour : les jours d'avant comptent aussi (alimentation, hydratation, sommeil, entraînement) — et la façon de gérer l'entraînement avant le test dépend du niveau et des caractéristiques propres de chaque personne. Le moment de la journée compte aussi (le rythme circadien pèse beaucoup). Sans standardisation, on ne peut pas comparer.
Le lactate est très sensible au contexte : hydratation, altitude, température… d'où l'importance de mesurer proprement et de savoir interpréter.
Une conversation dense mais accessible, qui donne les bonnes clés de lecture. Merci à Peter Attia et Olav Aleksander Bu pour la qualité de l'échange.